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Rencontre avec Gérard Chazal

Mardi 27 septembre, la classe de 2nde Sciences et Patrimoine est partie à la rencontre de Gérard Chazal, professeur émérite de philosophie à l’Université de Bourgogne, à la librairie La Promesse de l'Aube. Compte-rendu de la sortie par Marie, Angélique et Damien :

 

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" Gérard Chazal nous a parlé des femmes scientifiques à travers l'histoire pendant une conférence d'environ une heure à la librairie la promesse de l’aube à Autun.

Monsieur Chazal est un professeur émérite de philosophie à l’Université de Bourgogne où il enseigne les Sciences et Techniques.

Dès le début de son intervention, M. Chazal nous fait remarquer des points essentiels :

  • Au lycée dans les classes scientifiques, les femmes représentent 50 % des élèves.
  • Dans les classes supérieures scientifiques, on trouve très peu de femmes.
  • Par contre on en trouve beaucoup dans les classes supérieures de lettres.

Pourquoi si peu de filles en Science ?

Des préjugés sociaux, moraux et sexistes expliquent qu'il y ait peu de femmes dans le domaine scientifique:

  • Les filles ne s’intéressent pas aux Sciences.
  • Il n'y a que peu de femmes importantes dans l 'histoire des Sciences.Il n' y a que des génies masculins : Euclide, Archimède, Galilée, Newton, Einstein …
  • Le cerveau féminin est différent du cerveau masculin et n'est pas propice aux Sciences.

Toutes ces arguments sont évidemment faux.

Mr Chazal a cherché à comprendre dans son livre " les femmes et la Science" pourquoi on rencontre si peu de femmes scientifiques majeures dans l'histoire des sciences.

Antiquité :

En Grèce, la femme n'a aucun droit, elle ne participa pas à la vie publique.

Il nous s’explique que déjà en Grèce Antique, on trouve des femmes savantes comme Théano, l'épouse de Pythagore, qui après sa mort, aurait repris son enseignement ou encore Thémistoclée, soeur de Pythagore.

Platon défend l’égalité des hommes et des femmes et il pense qu'elle doivent bénéficier de la même éducation.

Hypatie d’Alexandrie (370-415) était une mathématicienne et une astronome. Elle fut la dernière directrice de l’école d’Alexandrie. Elle a été assassinée en 415 par des chrétiens fanatiques et on pense que St Paul est l’organisateur de cet assassinat.

Que lui reprochait-on ? de ne pas adhérer à la religion ? de privilégier la science et la philosophie ? Malheureusement déjà à cette époque des hommes comme St Paul considéraient la femme comme l’esclave de l’homme.

Platon, un philosophe de la Grèce classique, défendra l'égalité hommes-femmes.

Cela devient de plus en plus dur pour les femmes car selon St Paul «le chef de la femme est l'homme, la gloire de dieu est l'homme et la gloire de l'homme est la femme».

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 Moyen âge :

Cette période est propice aux sciences ( invention de l'algèbre, astronomie , optique, médecine). Les femmes, dans certains monastères, ne seront pas à l'écart de ce mouvement. Gérard Chazal nous donne ensuite quelques noms importants :

– Hildegard Von Bingen (1099-1179), abbesse de St Rupert qui s'intéresse à l'astronomie.

– Félicie Jacoba (13ème siècle) qui exerça la médecine en France sans autorisation légale.

On trouve donc quand même quelques femmes mais M. Chazal nous explique que ces femmes sont pour la plupart gynécologues car les hommes n’aiment pas vraiment ce métier.

15e et 16e siècle :

Il y a un changement d’idée vers le 15ème siècle grâce aux voyages et aux guerres de religion. Il y va avoir une remise en compte de la religion.

L'invention de l'imprimerie et la rapidité de sa diffusion en Europe va changer les rapports des hommes aux savoirs. Le christianisme se divise et s'affaiblit.

Au 17ème siècle.

Lles femmes qui sont dans les classes les plus aisées revendiquent le droit de faire des sciences. François Poulain de la Barre défend les femmes (il s’inspire de Descartes qui pense que l'esprit n'a pas de sexe).

Au 17e siècle, On assiste à la chasse aux sorcières : recrudescence des procès en sorcellerie visant souvent des femmes ( un sorcier pour 10000 sorcières). leur connaissance dans le domaine de la botanique supposent un pacte avec le diable.

Ensuite Mr Chazal donne quelques noms de femmes scientifiques du 17ème siècle :

*Sophie Brahé (1556- 1643), soeur de Tycho Brahé.

*Elena Priscopia (1646-1684), première femme docteur de l'université.

*Marie Cunitz (1610-1661), fille d'un médecin qui lui donna une vaste instruction en médecine et mathématiques.

Elle parlait 7 langues. Elle a traduit les travaux de Képler.

Pendant ce siècle beaucoup de femmes ont été brûlées pour sorcellerie car elles avaient la connaissance des plantes médicinales.

Au 18ème siècle, de grands philosophes défendent les femmes (Diderot, d’Holbach, Helvétius, Condorcet). C'est un siècle propice aux femmes.

Les femmes arrivent à parler de sciences grâce aux salons mais elles n’ont toujours pas le droit d’aller l’étudier à l’université sauf en Italie.

Quelques noms :

*Emilie Du Châtelet (1700-1749), elle a un père large d’esprit qui lui donne la même éducation que ses frères. elle était physicienne, traductrice de NEWTON. Elle fit de grandes découvertes mais fut surtout connue pour être la maîtresse de Voltaire.

*Laura Bassi (1711-1778) : anatomie à l’université de Bologne, elle y sera même professeur.

*Maria Agnesi (1718-1799) : mathématicienne érudite et philosophe. Elle étudia la courbe cubique qui porte son nom. Elle fut élue à l'académie des Sciences de Bologne.

*Madame Marie-Anne Paulze Lavoisier (1758-1836) elle s'instruit en chimie et devient la collaboratrice de son mari. Elle crée un salon où elle fait venir tous les chimistes de l'époque.

*Sophie Germain (1776-1831) : elle n’est pas soutenue par ses parents et va apprendre toute seule les mathématiques. Elle correspond avec Lagrange en signant Monsieur Leblanc. Lagrange découvrira qu’elle est une femme et la soutiendra.

Les femmes scientifiques du XIXème et du XXème

Pour Rousseau (philosophe naturaliste) les femmes sont des ménagères et doivent faire un peu de mathématiques pour que les commerçants ne profitent pas de leurs ignorances.

Ada LOVELACE (1815-1852) elle était la fille de Lord BYRON et elle a créée l’algorithme.

Sofia KOVALEVSKAÏA (1850-1891) elle était mathématicienne et romancière.

Marie CURIE (1867-1934) elle était physicienne et chimiste. Elle eu deux fois le prix Nobel et devient professeur à la Sorbonne.

Emmy NOETHER (1882-1935) elle était mathématicienne.

Lise MEITNER (1878-1968) elle a découvert la désintégration de l'atome d'uranium. Elle collabore avec Otto Hahn. Plusieurs fois son nom fut évoqué pour un prix Nobel qu'elle n'obtiendra jamais contrairement à Otto Hahn en 1944.

Rosalind FRANKLIN (1920-1957) elle était biologiste moléculaire.


Les femmes scientifiques ne sont pas absentes dans l'histoire.

Elles ont souvent été stoppées ou se sont fait voler leur découverte .


Thibaudet Marie

Thiebault Damien

Victor Angélique