Fête de la science. A la rencontre du tableau d’Ingres.

Le vendredi 12 octobre, nous nous sommes rendus en demi-classe à la cathédrale pour rencontrer une équipe de restaurateurs. En effet, la cathédrale étant en travaux, des restaurateurs ont été appelés pour effectuer un travail sur le tableau de Jean Auguste Dominique Ingres : Le martyre de Saint Symphorien. Nous avons appris beaucoup de choses sur le métier et les techniques employées par les restaurateurs !
Cette sortie a été financée par la DRAC….

IMG_20181012_102924Le métier :
Le métier de restaurateur est un métier qui consiste à redonner « vie » aux œuvres du passé. Pour devenir restaurateur, il faut minimum un bac+5 de préférence en filière littéraire, pour avoir un minimum de connaissances sur l’art et l’histoire de l’art. Il faut aussi avoir de bonnes connaissances en chimie pour reconnaître les types de peintures utilisées. Cependant d’autres disciplines sont attendues, comme le savoir manuel et plastique ainsi qu’une bonne perception des couleurs.

L’oeuvre :
Ce tableau d’Ingres représentant Saint Symphorien. Il a été peint en 1834.
Saint Symphorien était originaire d’Autun, martyr du IIème siècle après Jésus christ.Le tableau représente la scène représente où il va être exécuté. En effet, il faisait partie des tout premiers chrétiens dans une ville d’Autun encore païenne.Il est représenté devant la porte St André qui est « revisitée » par l’artiste.
Ce tableau est très grand (4,07 x 3,39 m) mais malgré ses dimensions importantes, il été souvent déplacé pour des expositions et s’est très peu abîmé, il ne demande que quelques petites retouches . Les restaurateurs se sont à la fois étonnés et réjouis de cette bonne conservation car cette situation est rare pour un tableau de cette ampleur.
C’est une œuvre très académique avec St Symphorien représenté dans un contraste entre lui et le reste de la toile: il a une peau et une toge blanche contrastant IMG_20181012_100713avec l’environnement dans lequel il a été placé. Il y a également la main de sa mère reliée à la sienne par le prolongement d’une ligne invisible. Mais les restaurateurs ne font pas d’études sur l’œuvre dans sa représentation mais dans les techniques utilisées lors de sa réalisation.

L’intervention :
Pour cette intervention, les restaurateurs ainsi que les responsables de l’œuvre, le conservateur et les représentants du patrimoine ont décidé de ne pas déplacer l’œuvre et d’effectuer une intervention en situ. Il a tout d’abord fallu cerner les altérations et les causes de ces altérations : ici, il s’agissait de la couche de vernis jauni par le temps et l’humidité. L’intervention se déroule ensuite en deux étapes :

 – Une première phase de nettoyage durant laquelle les restaurateurs retirent le vernis jauni à l’aide de solvants en polarités différentes en prenant soin d’en laisser une fine couche pour ne pas entrer en contact avec la couche pictorale.

 – La seconde phase de l’intervention consiste à appliquer un nouveau vernis qui protègera les pigments colorés. La restauration doit être réversible car ce nouveau vernis se verra à son tour jaunir dans quelques dizaines d’années ; c’est pourquoi on veille à ce que ce nouveau vernis puisse être facilement retirable.

IMG_20181012_102919Cette intervention nous a permis de découvrir les travaux d’un restaurateur, les procédés utilisés et le cheminement chronologique d’une restauration. Nous avons également élargi notre vocabulaire artistique et scientifique ainsi que nos connaissances sur un des éléments du patrimoine artistique autunois. Une belle rencontre appréciée de tous !

Chavet Agathe – Bouthière Lou – Latrasse Maxime